Intégrer la biodiversité dans le design permacole
- albertdriancourt
- il y a 2 jours
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par Èlia PUJADES GIRONA, adhérente à Fermaculture.
Dans le cadre du projet Erasmus+ intitulé « Perma for youth, a path beyond sustainability », j’ai eu l’occasion de participer à la première phase de formation durant le mois de juin avec d’autres participants venant de l’Espagne, la France, l’Italie, la Roumanie, la Grèce et la Tunisie. La transmission de la permaculture à la jeunesse devient un des enjeux essentiels.
Lorsque vous pensez à un design permacole, vous allez sûrement visualiser en premier lieu les futures récoltes. Mais si penser à intégrer la biodiversité était une des priorités ?
Un des principes fondamentaux de la permaculture consiste à «concevoir en partant du général pour aller aux détails ». En effet, prendre du recul afin d’avoir la vue d’ensemble permet de penser l’espace en tenant compte des éléments les plus importants. Par la suite, les détails peuvent s’incorporer au fur et à mesure sur la structure générale déjà définie.
La biodiversité est l’un des éléments les plus importants à intégrer dans un design permacole. Chaque élément vivant est interconnecté au reste du vivant et ce sont ces liens qui créent de la résilience. Plus un système est diversifié, plus il est enclin à s’adapter et à surmonter les adversités (stress hydrique, fortes pluies, gelées tardives...). Au vu de la réduction brutale du nombre d’espèces et d’individus animaux et végétaux, et des aléas liés aux changements climatiques, encourager la biodiversité devient primordial.
Les premières zones à identifier pour pouvoir commencer un design qui favorise la biodiversité sont les suivantes :
- Corridors écologiques et connections : passages qui relient des espaces naturels et permettent de créer des chemins pour la faune sauvage et les plantes.
- Voies migratoires : les oiseaux se dirigent vers certaines destinations précises.
- Hotspots ou réservoirs de biodiversité : espaces dans lesquels la diversité de faune et flore est la plus riche ou la mieux représentée. Cela peut être une zone humide, une zone à très faible intervention, un vieil arbre mort sur pied…
- Écotones : transitions entre deux écosystèmes, ce sont souvent des zones avec une très forte concentration de vie, mais aussi fragiles en raison de leur dimension restreinte (ex : prairie – arbustes – forêt ; eau – plantes de zone humide – autres plantes).
Par la suite, voici une liste des différentes zones d’observation qui peuvent vous aider à mieux évaluer la présence de biodiversité sur votre terrain. Vous pouvez noter pour chaque catégorie la quantité de zones et la diversité animale et végétale observée :
- Fleurs : variété d’espèces et quantité d’individus, notamment dans les prairies
- Haies : espèces présentes, différentes strates (plantes ligneuses en fleur ou fruit, plantes herbacées en fleur)
- Bois mort dans le sol
- Tas de pierres
- Sol à nu
- Mares
- Arbres morts sur pied
- Vieux arbres : cavités dans le bois
- Zones humides
- Zones sauvages
Imaginez que vous étiez un oiseau à la recherche d’un endroit où faire votre nid. Vous auriez besoin de trouver les éléments suivants pour pouvoir survivre, nicher et vous alimenter : une haie ; de l’herbe haute ; une zone avec un faible impact humain ; de cavités dans les arbres ; d’une source d’eau ; d’une diversité d’espèces d’insectes comestibles ; de plantes herbacées en graine ; de plantes ligneuses en fruit ou graine.
Si vous ne trouvez pas tous ces éléments dans votre terrain, c’est le moment d’intégrer la biodiversité dans votre design !
Afin de créer un design qui veut favoriser la biodiversité, la dynamique à suivre est la suivante :
Protéger > Relier > Amplifier > Créer
1. Protéger l’existant : les hotspots ou réservoirs de biodiversité ; les mares, bassins d’eau ou zones humides ; les écosystèmes fragiles ; les zones à fort intérêt écologique (les laisser en libre cours d’évolution).
2. Relier les zones entre elles : planter des haies entre les différents hotspots ou foyers de biodiversité ; mettre en place des zones tampons à faible intervention ; relier les corridors écologiques pour la circulation de la faune sauvage.
3. Amplifier les dynamiques : ajouter de nouvelles plantes pour consolider un site ; créer l'écotone (zone de transition) manquant ; enrichir les lisières et les limites ; introduire des espèces compagnes.
4. Commencer de zéro : commencer par l'endroit vivant le plus proche et s'étendre vers l'extérieur ; suivre les cours d'eau et les sentiers, s'appuyer sur eux ; attirer les oiseaux (perchoirs, nichoirs) ; planter ce que les oiseaux apprécient (baies, graines, abris).
Maintenant, il n’y a plus qu’à moins agir et mieux intervenir !
Autrice : Èlia PUJADES GIRONA



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